portrait de Louis Aliot

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portrait de Louis Aliot

Message  Admin le Jeu 21 Avr - 11:56

http://www.liberation.fr/politiques/01012332678-dans-la-famille-fn-le-gendre

Louis Aliot. Avocat à Perpignan, le numéro 2 du Front national et compagnon de Marine Le Pen pousse à la «dédiabolisation».



On rencontre autour d’une bière, dans un café nommé «la Fourmi», un Louis Aliot déçu : les électeurs ont joué les cigales avec lui. Ayant obtenu 34% des voix au premier tour dans le canton de Perpignan-9, le vice-président du Front national croyait à une victoire historique. Mais il s’est pris une baffe au second, le 27 mars, défait par un candidat PS.«Trois bureaux de vote, dont deux dans des cités chaudes, m’ont plombé», analyse-t-il. Il a quand même fait 46%. «Il nous a manqué des carottes à distribuer», lançait-il le soir de la défaite, amer face à cette «République bananière» d’une France «électoralement corrompue». Le numéro 2 du FN s’est planté aux cantonales, et pas que sur son compte : il avait annoncé 10 à 50 élus pour son parti qui devait progresser «méchamment», il n’y en a eu que deux.

Mais cette défaite a un goût d’espoir car Aliot pressent un «changement sur les idées» : «Ce que disent les Zemmour et autres, on ne l’entendait pas, il y a dix ans. C’est une révolution culturelle. Ça précède toujours les bouleversements électoraux. D’abord dans les têtes, après dans les urnes. Ces idées arriveront aux affaires, C’est un mouvement mondial.» Une pause. «Mais je ne dis pas que ce sera demain.» Ouf.

Louis Aliot, 41 ans, a l’allure lisse du gendre parfait. Pratique : son beau-père, dont il dirigea le cabinet, s’appelle Jean-Marie. Louis Aliot partage la vie de Marine Le Pen, sans être marié ni dire depuis quand. Divorcé avec deux enfants de 10 et 7 ans, le «p’tit gars de la Marine» est un grand costaud, plutôt chaleureux et franc du collier. «Mais sous ses dehors lisses et affables, c’est un théoricien dur de la vieille droite maurassienne et Action française, corrige Marc Carballido, un socialiste qui l’a côtoyé au conseil régional de Midi-Pyrénées, où Louis Aliot a passé douze ans comme président du groupe FN. Il met mal à l’aise par cette capacité à défendre des idées excluantes avec une approche "sympathique".» Gérard Trémèges, président du groupe UMP au même conseil, n’a «pas de choses désagréables à dire» sur cet élu «pertinent et respectueux» : «On voyait que les dossiers étaient bien préparés. Il n’était pas dans la provocation comme certains de ses collègues.»

Au FN, Aliot a servi le père, maintenant la fille. Il biberonne aux Le Pen depuis tout petit. Sa mère, pied-noire rapatriée en 1962, a milité dans les comités Tixier-Vignancourt. Son père, plâtrier à Ax-les-Thermes (Ariège), où il a grandi, vote FN. «Pour nous, Le Pen faisait partie de la famille au sens large.» Seul le grand-père votait socialiste, «mais pas d’un socialisme très féroce». Louis Aliot l’Ariégeois est venu au FN par Carpentras. En 1990, l’extrême droite est tenue coupable, par son discours de haine, d’avoir inspiré la profanation du cimetière juif dans cette ville du Vaucluse : «J’ai trouvé ça complètement fou.» Il s’engage. Vingt ans plus tard, Aliot pense toujours qu’il y a eu «une exploitation pour détruire le FN», voire un montage. L’enquête a prouvé le contraire, mais il n’y croit pas. La théorie du complot sévit toujours. Pour lui, «soit on a payé des gens pour le faire, soit ce sont des individus de la bourgeoisie de Carpentras qui se sont amusés et dont on a voulu taire la responsabilité». Ce sont pourtant bien des petits nazillons qui ont officié. Ils trouvaient le FN trop mou.

Louis Aliot, ancien 3e ligne de rugby, est un catho-laïc qui cite beaucoup De Gaulle. «J’ai toujours pensé que les Français avaient envie d’un mouvement patriotique qui leur parle de la gloire française, qui les fasse rêver de la France.» Le FN, donc. Mais «le message a été brouillé par la diabolisation qui nous a collés un plafond, nous a empêchés de travailler avec des gens, et a compliqué notre vie personnelle et professionnelle». Le FN version Aliot-Marine cherche maintenant cet interstice où il ne serait plus diabolisé. Pour lui, «les gens ne sont pas dupes, ils ne croient plus que le FN est un rassemblement de collabos. Et puis la francisque, c’est Mitterrand qui l’a eue, non ?». D’extrême droite, lui ? Que nenni : «Goasguen, Longuet [membres de l’UMP], y ont appartenu. Moi, jamais !» Ah bon. Le FN raciste, antisémite, xénophobe ? «Faux. Sinon, on serait interdits. Et puis, ce n’est pas Marine Le Pen qui a été condamnée [pour injures raciales], mais Hortefeux.» Il insiste : «On apparaissait comme un parti de fachos, on ne l’a jamais été.» On fronce le sourcil, il concède : «Qu’au milieu, il y ait eu des individualités que nos adversaires mettaient en avant…» Comme beau-papa ? Il évacue : «Le Pen, c’est un mot de lui qu’on a exploité.» Un mot ? Un seul ?

En bon frontiste, le conseiller de Marine Le Pen aime la provoc. En 2009, il a collé un portrait de Jaurès sur ses affiches, en clamant : «Jaurès aurait voté Front national». Il n’est pas à gauche : elle est trop «sectaire». Mais il se voit «beaucoup plus proche de Chevènement que d’une partie de l’UMP», notamment cette «droite molle acquise à l’ultralibéralisme». Le FN a-t-il vocation à la remplacer ? «Si ça continue, oui. L’UMP sous cette forme est appelée à disparaître. C’est mécanique. On va vers une recomposition.» Le FN la souhaite, tout en observant la droite brouter ses plates-bandes : «Si l’UMP a fait tout ce manège avec la laïcité, c’est que la base le demande. Copé sait que ça préoccupe son électorat.» Immigration, sujet pratique : quand le FN en parle, il est leader. «Regardez la prière dans la rue : il y a eu un tumulte pendant un jour», quand Marine Le Pen l’a comparée à l’occupation nazie, puis «tout le monde s’en est emparé».

Louis Aliot, «c’est un type intelligent qui a du flair», assure Jean-Marie Crouzatier, qui fut son directeur de thèse à Toulouse, où Aliot a fait droit et où il était chargé de cours de 1998 à 2005. Le Conseil national des universités l’a refusé comme enseignant. «Pour des raisons politiques», assure Jean-Marie Crouzatier. Alors que, selon cet enseignant qui se dit «ni opposé aux thèses du FN ni proche», Aliot a toujours été «honnête» et fait «le partage entre ses opinions et son enseignement».

Après l’université, Aliot a été secrétaire général et salarié du FN, avant un licenciement transactionnel, dû notamment aux finances défaillantes du parti. Inscrit au barreau de Paris, avec le soutien de Roland Dumas, il s’est installé en 2010 comme avocat à Perpignan, où ses activités privées et politiques lui rapportent, dit-il, 4 000 euros mensuels. Ces jours-ci, il peste contre la «ripoublique mondialiste» et fait chanter son accent du Sud-Ouest sur les radios. «Oui ou non, Marine est-elle meilleure que son père ?», lui demande-t-on aux «GG»(Grandes Gueules) sur RMC. «Joker !», répond-il. Sûr, le «produit Marine marche», les médias en raffolent. Et le parti d’extrême droite «va changer de nature».«Il se remet dans les problèmes de son temps : les préoccupations sociales, économiques, identitaires.» La crise et les angoisses sont son carburant, et il y a de quoi remplir les réservoirs.

(Crédit photo: Fred Kihn)
En 7 dates

4 septembre 1969
Naissance à Toulouse.

1998
Conseiller régional Midi-Pyrénées.

1999
Directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen.

2004
Réélu conseiller régional.

2005
Secrétaire général du FN.

2010
Conseiller régional Languedoc-Roussillon.

2011
Battu aux cantonales. Prépare la campagne de Marine Le Pen pour 2012.

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