L'extrême droite italienne se donne un nouveau visage

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L'extrême droite italienne se donne un nouveau visage

Message  Admin le Mer 9 Mar - 14:03

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2334963&rubId=786


Daniela Santanchè incarne les aspirations d'une nouvelle génération qui s'affiche comme « les fascistes du troisième millénaire »

Au cœur de l’Esquilin, une des sept collines de Rome devenue le quartier le plus cosmopolite de la capitale, se dresse un ancien bâtiment administratif occupé, depuis quatre ans, par une « association culturelle » qui porte le nom du poète américain Ezra Pound (1885-1972). Instigateur du mouvement imagiste, celui-ci fut une figure très controversée pour son soutien à Benito Mussolini et ses positions antisémites.

L’association culturelle est aussi un mouvement « meta-politique » lié au groupe de rock Zeta Zero Alfa, dont le chanteur, Gianluca Iannone, compte parmi les personnages qui tentent de reconstruire une image nouvelle de l’extrême droite italienne.

En entrant dans le hall de cet immeuble mussolinien de cinq étages bien entretenu, on découvre une immense fresque multicolore avec toute une série de noms : Tolkien, Mishima, Evola, Lou Andreas Salomé, Leni Riefenstahl, ou encore Kerouac, Saint-Exupery, Tamara de Lempicka. Une dizaine de salles sont réservées aux militants de Casa Pound, dont l’une abrite la webradio Bandieranera (drapeau noir), tandis que douze familles occupent des appartements.

« Je suis un fasciste du troisième millénaire »
Même dans le cadre désuet de la salle de conférence, tapissée d’affiches de propagande, où raisonnent les cris d’un perroquet grincheux, on sent qu’ordre et discipline sont des principes incontournables. Les camerati de Casa Pound s’inspirent en partie du mouvement d’extrême droite des années de plomb, Terza Posizione, dont l’un des cadres, Gabriele Adinolfi, réfugié à Paris dans les années 1980, vit à nouveau en Italie.

À l’occasion des élections législatives qui se déroulent sur deux jours, dimanche 13 et lundi 14 avril, à travers toute la Péninsule, Gianluca Iannone, le chanteur, est candidat à la députation sur la liste de La Droite-Flamme tricolore, tandis que l’un des responsables de Casa Pound, Davide Di Stefano, diplômé en sciences politiques, se présente au conseil municipal de Rome.

« Je suis un fasciste du troisième millénaire », affirme ce dernier. Intelligent, aimable, cultivé, il véhicule avec la sincérité de ses 22 ans l’idée selon laquelle le fascisme du troisième millénaire, c’est une nouvelle politique sociale.

Daniela Santanchè a crevé le petit écran
Comme des centaines de jeunes proches de Casa Pound, à Rome mais aussi à Naples, en Sicile, ou à Venise, il se sent représenté par Daniela Santanchè, candidate à la présidence du Conseil pour La Droite, une dissidence de l’Alliance nationale de Gianfranco Fini.

Daniela Santanchè, 48 ans, est redoutablement séduisante, énergique, directe. Durant la campagne, elle a crevé le petit écran avec ses positions tranchées, violemment anti-immigrés. Elle s’en est prise ainsi à l’archevêque de Milan, Mgr Dionigi Tettamanzi, qui avait condamné la destruction d’un campement de Tsiganes.

Pendant la campagne, elle a concentré ses attaques contre le chef de la droite, Silvio Berlusconi, appelant les femmes à ne pas voter pour l’ancien chef du gouvernement, qu’elle qualifie de « sexiste ». Elle a dénigré son nouveau parti du Peuple de la liberté, comparé à un « fourre-tout » de forces disparates. Elle s’en est aussi prise à la petite-fille de Mussolini, Alessandra, alliée à Silvio Berlusconi.

L'’extrême droite a peu de chances d’être représentée
« Nous nous considérons comme des révolutionnaires qui doivent avoir le sens de l’honneur, de l’orgueil national et de la justice sociale, assène Davide Di Stefano. Nous croyons en une vision éthique de l’État, nous voyons le peuple comme une communauté. » Autant de points que les camerati romains disent partager avec des mouvements comme Jeunesse identitaire, en France.

« C’est le fascisme qui a modernisé l’Italie comme elle ne l’a jamais plus été depuis par aucun parti, aucun gouvernement », ajoute-t-il, citant la construction de logements sociaux, d’autoroutes, de crèches, ou encore la révolution agricole. Il retient toutefois une erreur de cette période, « les lois raciales ».

L’un de ses chevaux de bataille est l’accès à la propriété à travers le « prêt social ». « Nous demandons que l’État et/ou les régions construisent sur des terrains publics des immeubles à dimension humaine qui seraient gérés par des sociétés publiques, précise-t-il. Un appartement de 80 m2 ne devra pas coûter plus de 100 000 €. Chaque famille devra pouvoir obtenir un prêt d’une société publique qui établira le montant des traites de remboursement mensuel, en fonction du ou des salaires du foyer. »

Selon les sondages, les partis d’extrême droite ont peu de chances d’être représentés au Parlement. Mais, à Rome, de plus en plus de jeunes sont attirés par des mouvements qui remettent au goût du jour l’héritage du fascisme.
Anne LE NIR, à Rome

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Casa Pound Italia : la nouvelle vague fasciste ?

Message  Admin le Mer 9 Mar - 14:06



« Nous construirons le monde que nous voulons ! » déclarent les militants néo-fascistes de Casa Pound Italia sur leur site internet. Inspirés du poète américain et sympathisant fasciste Ezra Pound, tournés vers l’action, ces « fascistes de gauche » sont accusés de nombreuses violences et inquiètent les parlementaires de la Botte. Rencontre avec un groupe qui refuse l’étiquette d’extrême-droite.

Au contraire de ce que l’on pourrait penser, l’univers « néofasciste » italien est plutôt composite. Le dernier groupe en date est Casa Pound, qui constitue l’une des expériences néofascistes les plus innovantes. Le nom du groupe fait référence au poète américain Ezra Pound, qui a ouvertement soutenu le fascisme puis la République Sociale italienne (aussi appelée la République de Salo, régime éphémère composé par Mussolini au nord de l’Italie entre 1943-1945) pendant la deuxième guerre mondiale.
Néo-fasciste et social

« la réorganisation sous quelque forme que ce soit du parti fasciste dissout est interdite »

« Casa Pound Italia est née en 2007 à Rome, suite à l’expérience du centre social occupé “CasaPound” et des occupations de logements » nous explique Cristiano Coccanari, membre de Casa Pound Italia et responsable de la webradio du mouvement « Radio Bandiera Nera ». « Nous sommes une association de promotion sociale et nous utilisons la force du volontariat pour diffuser nos propres visions sociales » poursuit-il. L’association est de plus en plus structurée et possède à présent des sièges dans toute l’Italie. Les pivots de son action sont la lutte contre l’usure, l’aide sociale, et la lutte contre la vie chère, et son mot d’ordre : agir !

"Les Italiens ne se rendront pas"“Les Italiens ne se rendront pas” | Manifeste de propagande de Casa Pound ItaliaLe lien direct entre Casa Pound et l’expérience fasciste italienne est évident : « ce qui nous plaît dans l’expérience fasciste, c’est l’attention à la justice, les grandes réalisations sociales et administratives faites dans l’intérêt de la communauté nationale, et tout le travail accompli pour faire de l’Italie une communauté de destin, des Alpes à la Sicile, et non une simple expression géographique », déclare encore Cristiano Coccanari. Tous les doutes sont dissipés. C’est d’ailleurs l’un des motifs pour lesquels Casa Pound a soulevé de nombreuses polémiques dans les milieux proches de la gauche, jusqu’à une interpellation parlementaire en février 2010 de la part du sénateur Salvatore Tomaselli (Parti Démocrate) qui cherchait à savoir comment le gouvernement interprétait les initiatives et les programmes de cette organisation, en considérant cette affirmation de la Constitution : « la réorganisation sous quelque forme que ce soit du parti fasciste dissout est interdite ».

Casa Pound nie vouloir se constituer en parti, et ses membres déclarent ne pas se considérer d’extrême droite : « Pour nous, les étiquettes “de droite” ou “de gauche” sont dépassées et doivent être reléguées à l’Histoire. Les défis et les problèmes que le troisième millénaire présente ne sont ni de droite ni de gauche, pas plus que leurs solutions. » Mais quand on commence à parler de la souveraineté nationale, le discours se fait plus grinçant. « L’idée de la reconquête nationale présuppose la complète récupération de la souveraineté de la part de la communauté nationale, représentée par un État qui se doit d’être éthique et organique, et qui doit être l’expression et la référence spirituelle de la communauté elle-même ».
Immigration : tolérance zéro

Croix celtiqueCroix celtique | Un des symboles de la nouvelle droiteConcernant l’immigration, Casa Pound considère que c’est la globalisation qui contraint les pauvres à une fuite vers un « supposé eldorado européen ». Cristiano Coccanari éclaircit ce point : « Le résultat est une guerre dramatique entre pauvres qui crée chez les Italiens un chômage en augmentation à cause du profit fait sans discrimination sur le dos des “nouveaux esclaves” ». Il conclut en déclarant : « nous réclamons aussi le blocage des flux migratoires qui sont à présent bien au-delà du seuil de tolérance. »
Comment réagissent les Italiens ?

Europe autarcique, reconquête nationale, stop aux multinationales et à la société multiraciale, droit au logement et à l’éducation, souveraineté énergétique, réécriture de la Constitution italienne… voici quelques uns des points du programme de Casa Pound, défini par le professeur Stefano BartoliManifestation antifasciste contre Casa PoundManifestation antifasciste contre Casa Pound | Naples, octobre 2009ni comme un programme de « fascisme de gauche » dans son article Les “petits-fils du Duce” entre héritage, nouveauté, persistance et développement à l’aube du nouveau siècle. Selon lui, il s’agit d’un retour aux origines, d’une tentative de « se refaire une beauté »: « les néo-fascistes du vingt-et-unième siècle réadaptent les formules de communication, changent les symboles, s’inventent de nouveaux noms, mais restent ce qu’ils ont toujours été. Ils n’abandonnent même pas les pratiques les plus violentes ». Malgré cela, Casa Pound revendique le fait de représenter une expérience « différente de que les gens voudraient bien croire ». Les différents groupes antifascistes ne voient pas les choses de la même façon, et dénoncent les agressions subies de la part de cette « organisation fasciste » tout en demandant la fermeture des sièges de Casa Pound dans plusieurs villes. Entre polémiques et agressions, Casa Pound attire aujourd’hui beaucoup de jeunes, mais également plusieurs personnes ayant dépassé la trentaine. Tout ça aussi grâce à l’importance donnée à la communication et aux actions pratiques, qui s’inspirent souvent de celles du mouvement no-global. Mais Bartolini nous avertit : « Les néo-fascistes ont caché au public beaucoup de leurs idées moins présentables, ils sont capables de mettre de côté leur symbolique plus nostalgique si nécessaire. Dans ces conditions, rien ne nous dit qu’ils ne réussiront pas à gagner de nouveaux espaces et de nouveaux tremplins pour tenter l’assaut. »

En somme, les fils de Pound ont réussi à conquérir les espaces sociaux oubliés par la politique, surtout de gauche, en s’adressant aux classes populaires et aux exclus à travers des activités pratiques. Bien qu’ils soient très bruyants, ils restent minoritaires. On est alors en droit de se demander : quel est l’avenir de ce « fascisme du troisième millénaire » ?

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